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Re: DLMM- (2)Les libertés Fondamentales des femmes en Tunisie

March 08, 2006 10:54AM
Le grand défi de nos sociétés musulmanes aujourd’hui est bien cela : une nouvelle lecture de l’islam faites par les femmes. Des femmes profondément engagées au nom de leur spiritualité, de leur foi, de leurs principes. Elles doivent se réapproprier ce travail de mémoire musulmane féminine et investirent cette citadelle islamique si longtemps accaparé par les hommes. Le renouveau de l’islam passe forcement par cette nouvelle subversion féminine porteuse de tous les espoirs.
Il ne s’agit pas ici de révolte féministe à l’image du féminisme occidental. La confrontation n’est pas et ne devrait pas être avec nos frères dans la religion. Elle serait contraire à nos principes coraniques, étant égaux devant Dieu, hommes et femmes, les meilleurs d’entre nous seront justement les plus fidèles à l’esprit de la révélation coranique.
Et être fidèles à l’esprit du Coran c’est redonner aux femmes ce champ de liberté d’expression qu’elles avaient au temps du prophète et qu’on leur a usurpé avec le temps . C’est aux femmes de faire ce travail. Au nom de leur foi. Personne ne le fera à leur place. Le chemin peut s’avérer dur et long mais il est incontestablement le seul capable de leur donner une véritable émancipation. InchaAllah..

Féminisme islamique?
Asma Lamrabet, presente un point de vue sur la question du Féminisme Islamique Ce titre doit faire tressaillir plus d’un...Féminisme et Islam? ( )Ne sont-ils pas antinomiques par nature ? Peut-être, si notre approche est comme chaque fois que l’on doit parler d’Islam( ) : Binaire....Par contre si la terminologie est dans un premier temps « redéfinie » alors on aura compris de quoi il s’agit.
Je rassure tout de suite ceux qui ont tressaillit ... Le féminisme en question ici est différent idéologiquement parlant de celui prônée par une occidentalisation forcenée de la féminité...Il sera similaire par contre en terme de revendications de droits... C’est que nous sommes obligées d’utiliser le vocabulaire déjà en vogue pour pouvoir être comprises...
Ce féminisme islamique « new look » se démarquera aussi de celui classiquement revendiquée par les intellectuelles musulmanes qui tout en se situant à l’intérieur d’une éventuelle culture musulmane vont réclamer des droits au nom d’un universalisme féministe commun( ). Autrement dit, elles s’aligneront sur un mouvement pro-occidental forcément laïque et qui se veut, libéré de toute connotation religieuse. Elles auront droit de cité un peu partout à travers le monde médiatique socioculturel car elles incarnent la face « civilisée » de ces pauvres femmes du monde musulman...
Le propos n’est pas celui de rentrer dans une logique de confrontation féroce avec ces femmes qui ont le droit -tout le droit- de lutter pour l’égalité des sexes, notamment au sein d’un monde musulman encore très en retard sur ce sujet, mais il s’agira de se différencier par rapport à une démarche « non religieuse », qui exclut les données scripturaires de l’islam.
La nouvelle approche féminine islamique- dans laquelle je me reconnais pleinement- s’inscrit dans un registre de fond différent, quoique dans la forme il y a une certaine cause commune. Notre but sera de militer pour les droits des femmes musulmanes, de l’intérieur de l’Islam en tant que religion, mode de vie, selon une vision globalisante et contemporaine...
Nous luttons dans un cadre explicitement religieux pour la simple et bonne raison que nous considérons que l’islam est à nos yeux porteur d’un message profondément émancipateur. La différence est de taille. De et par l’islam, et à partir des références islamiques ...
Alors de quoi s’agit-il réellement ? Il s’agit d’un timide mouvement encore confus, encore dans ses premiers balbutiements, ici et là, en terre d’islam et en Occident qui essaie d’émerger et de faire entendre sa voix. Des femmes musulmanes convaincues et engagées qui se mobilisent très doucement -trop même- pour qu’on cesse de faire dire au religieux n’importe quoi en leurs noms...
Il sera peut -être inutile de rappeler que le « Renouveau de l’islam » que connaissent aussi bien les sociétés musulmanes d’origine que les communautés islamiques des sociétés occidentales, s’est caractérisé par l’ampleur de la participation féminine. Elles sont plus nombreuses et surtout plus visibles- du fait du port du voile- à se compromettrent dans ce retour à l’islam.
Les tendances féminines qui existent au sein de ce renouveau sont assez variés mais dans la majorité des cas on s’apercevra que d’un accord très souvent tacite, les femmes se soumettront à une certaine lecture de l’islam généralement très masculine et qui met en veilleuse les vrais problèmes concernant le statut de la femme dans ces communautés.
La majorité de ces femmes vont donc retrouver une foi intense certes, faire un parcours spirituel captivant, motivées par des choix profondément sincères mais elles vont cependant vivre pour la plupart une spiritualité refuge et se cantonner dans une foi passive.
Elles seront tellement bien avec Allah, mais tellement mal avec leur entourage et surtout leur frères en religion qui, malgré le même engagement religieux, vont rarement se défaire de leur vision machiste, héritage d’un environnement familier et culturel particulièrement réfractaire à l’émancipation des femmes...Devant trop de résistances masculines et sociales la grande majorité des femmes qui vivent le retour au spirituel vont le faire en silence, le cœur lourd de déceptions et de questions sans réponse.
Elles finiront par se soumettre à la loi de la majorité, celles des convenus et des non-dits...On confond soumission au Créateur avec la soumission aux êtres et respect des principes religieux avec respect des principes relevant de la tradition culturelle. Et celles qui parmi ces femmes vont choisir de l’intérieur de ce renouveau islamique de se « révolter » contre ce conformisme vont être considérées comme des intruses bien islamisées certes, mais des intruses quand même !!
C’est ainsi que, pour une certaine catégorie de musulmans, entre autres ceux qui se veulent aussi engagés activement dans le renouveau de l’islam, l’avènement sur la scène islamique de ces femmes musulmanes qui commencent à se compromettre sérieusement pour une nouvelle lecture de leurs droits en islam, est vue plutôt d’un mauvais œil et recevra un accueil « mi-figue mi raisin »...Plutôt mi- figue !!
Familiarisés avec une image très complaisante de la femme en général et de celle- « islamiquement correct »- de l’engagée en particulier, certains musulmans auront du mal à admettre une nouvelle version féminine contestataire. Il est évident que nos frères en islam seront franchement très mal à l’aise...
Oui, ils seront d’accord pour que ces femmes fassent grossir les rangs des « réconciliés » avec l’islam, où faut-il le rappeler elles seront majoritaires, mais selon certains, elles doivent garder les limites qui ont été convenus par un droit non pas islamique mais coutumier qui même en terre d’occident - surtout en occident- sera toujours prioritaire.
L’irruption de ces femmes engagées islamiquement parlant dans la sphère publique voire politique du monde hermétiquement fermé de l’islam est perçu comme une innovation du l’ordre du sacrilège ...Or une grande partie de ce comportement est due à notre approche du religieux. Du fait d’une lecture « rébarbative » et au fond assez « fabuleuse » de l’histoire musulmane, les femmes et les hommes du renouveau islamique feront toujours dans la schizophrénie ...
Au lieu de tirer des enseignements pratiques et adaptables à leur quotidien, ils et elles vivent leur retour à l’islam selon une vision utopique et idyllique, d’un coté l’islam de la révélation et de l’autre notre quotidien à des années lumière de cette première cité de la perfection.
Les personnages et les évènements historiques de l’islam sont perçus non pas comme des modèles et des situations à méditer pour une meilleure fidélité au message et une meilleure compréhension de nos problèmes actuels, mais comme des faits hors temps, inaccessibles car tellement parfaits. Or on oublie justement que le modèle de ces hommes et femmes de la première ère qui ont fait la grandeur de l’islam - au-delà de la considération et du respect qui leur est du- réside dans leur humanité...
Le résultat de cette dichotomie dans notre lecture et dans notre façon de concevoir le religieux est que nous finissons par justifier toutes nos faiblesses et tous nos écarts. C’est ainsi que notre étude de l’histoire de la révélation et les métamorphoses réalisées par le message coranique et l’enseignement du prophète de l’islam (S), surtout en ce qui concerne la femme, seront visualisés selon la même lecture manichéenne.
Toute la littérature religieuse islamique abonde d’exemples de femmes qui à la lumière de notre modernité seraient des « féministes » d’avant-garde : Aicha épouse du prophète, femme savante, exégète, politicienne, qui en plus d’avoir réglementé une grande partie de la Sunna a exercé durant 40 ans la fonction de Mufti, notons en passant que le terme au féminin n’existe pas en arabe, alors qu’elle a été parmi les premières a l’avoir personnifié...
Oum Salama, a été conseillère politique du prophète (S) lors du traité de « Al Hudaybia », toutes les « Sahabyates » de la première heure qui en faisant acte d’allégeance au prophète (lors de Bayaat Al Akaba) ont incarnées le premier engagement politique de la femme musulmane il y a 14 siècles !! ...
Un autre exemple repris de la Sira, nous évoque l’histoire de Zaynab la fille du prophète qui un jour lors de la prière de l’aube « Al Fajr » dans la mosquée de Médine, va déclarer solennellement, juste avant le début de la prière, à toute l’assistance hommes et femmes, qu’elle a décrété la protection de son ex mari - non musulman à l’époque et dont la tribu était en guerre contre les musulmans de Médine- et que ce dernier se trouvait sous son auspice.
Après la prière, le prophète s’assura de la nouvelle et accepta que cette personne soit laissée libre de circuler dans la cité malgré le contentieux avec sa tribu. Toute la communauté respecta la protection assurée par une femme à un mécréant.
C’est un acte de responsabilité sociale pris par une femme en pleine prière, dans la mosquée, au vu et su de toute la communauté. Peut-on imaginer un tel acte aujourd’hui dans nos mosquées modernes ? La Sira ou l’histoire de la vie du prophète, regorge d’exemples édifiants de femmes qui ont personnifié par excellence cette libération islamique de la femme..
Voilà celui de Asma Bint Yazid Bin Sakan, la première femme à revendiquer le droit au Jihad. C’était une femme qui a prêté serment d’allégeance au prophète, qui était connue pour sa foi et son abnégation pour la cause de l’islam. Elle a été désignée comme déléguée des femmes auprès du Messager de l’islam. Un jour alors que le prophète était parmi ses compagnons, Asma vint le voir et lui dit : « Je suis la déléguée des femmes auprès de toi prophète. Allah t’as envoyé auprès de tous les hommes et de toutes les femmes de ce monde, nous avons cru en toi et en ton Dieu.
Mais les femmes sont limitées de par leur fonction et sont vraiment impuissantes. Confinées chez elles, objets de vos désirs, enceintes de vos enfants, tandis que vous êtes vous les hommes favorisés par rapport à nous, par vos assemblées, par votre participation social et politique, par le pèlerinage, et plus que tout cela par le Jihad dans la voie de Dieu.
Pendant que nous les femmes, nous tissons vos habits et éduquons vos enfants. Ne pourrions-nous pas partager avec vous tous ces bienfaits comme celui du Jihad, auquel vous avez, vous les hommes apparemment un droit exclusif ? » Le prophète émerveillé par l’éloquence de cette femme, se retourna vers ses compagnons : « Avez- vous jamais entendu un propos qui témoigne de la dévotion d’une femme à sa religion aussi meilleur que celui là ? » leur demanda t-il ; « Certes non, nous n’aurions jamais cru qu’une femme serait capable de tenir pareil propos ! »
Répondirent les compagnons vraisemblablement abasourdis par le discours de cette femme. Asma Bint Yazid au nom de sa foi a dénoncé les privilèges des hommes au Messager de Dieu !! Elle n’avait aucun embarras à le faire car c’est ainsi que l’islam le lui enseigna...
Les musulmanes de cette époque, convaincues de que l’islam les traitait à part égales avec les hommes, ne lésinaient pas à revendiquer cette égalité dans la foi et l’action, haut et fort, devant la plus haute autorité de l’islam, à savoir notre prophète Mohammed ! Les exemples sont innombrables mais dans quelle mesure sont-ils réellement effectifs dans notre pratique quotidienne ?
Ils le seront, dans la mesure où les femmes de ce renouveau de l’islam seront conscientes des défis qui les attendent, celui de « revisiter » leur histoire sous un angle nouveau, celui de l’esprit critique et du réalisme. La foi passive ne sera d’aucune utilité à notre émancipation islamique. Il faudrait savoir lutter activement pour ces droits islamiques inaliénables qu’on nous cesse de rabâcher mais qui ne seront concrets que lorsque ces mêmes femmes feront l’effort de les revendiquer haut et fort...
Il est vrai que ce mouvement est encore très faible et que malheureusement beaucoup de femmes ne se sentent pas encore prêtes pour ce combat pourtant nécessaire pour notre présent et notre futur de musulmans. Bousculer les stéréotypes et les à- priori infantilisants concernant la femme musulmane n’est pas chose aisée même chez ces propres femmes !!
Ce mouvement féminin islamique contestataire ne plaira donc ni à certains musulmans habitués à ce que les femmes soient exclues d’office de tout débat religieux, ni aux occidentaux pour qui ce genre « d’énergumène » féminin brouille toutes les pistes et déconcerte du fait qu’il ne se case dans aucune grille de lecture...
Pour les occidentaux, le profil de ce genre de femme musulmane à part entière, pratiquante et « ostensiblement » impliqué dans le renouveau de l’islam est tout simplement une aberration, un accident de parcours , un phénomène tellement déroutant qu’on préfère l’ignorer...Remède au fond très subtil !! Il faudrait savoir les comprendre, ce genre de femme musulmane atypique anéantit toutes leurs thèses sur la trop classique femme soumise, victime inéluctable d’un islam rétrograde...
Les seules « féministes » musulmanes acceptables seront par conséquent, celles qui revendiqueront certes un islam culturel aux fragrances exotiques mais aussi et nécessairement des droits formulés en dehors de la sphère islamique. C’est ce qu’on a appelé : « L’effet miroir » des sociétés occidentales qui n’identifient et ne donnent crédibilité qu’aux acteurs des autres sociétés par lesquels se prolongent leur propre image.
Il existe d’ailleurs de la part des féministes occidentales, une « sommation » implicite- parfois même explicite- qui est faites à l’égard des féministes musulmanes, afin d’énoncer un renoncement à l’égard de l’islam, comme preuve d’une bonne conduite garante d’une position juste1 !
Beaucoup d’intellectuelles de culture musulmane vont se rallier - quelques unes malgré elles- à ces mouvements occidentaux, faute de mieux parfois, mais aussi parce qu’elles sont quelque part convaincues de l’implication de l’islam en tant que religion comme facteur intrinsèque à l’infériorité des femmes dans les sociétés musulmanes.
C’est que le problème de ces femmes de l’avant-garde intellectuelle est justement avec l’islam. Et puisqu’on leur a appris que la modernité ne peut être pleinement vécue que par une négation du sacré, et bien cela tombe bien car cela fait belle lurette que les légitimations culturelles ou islamiques -pour elles point de différence !- les étouffaient.
L’humiliation et la frustration ont toujours alimenté la conscience féminine musulmane, alors on se libère et on se proclame féministes acharnées pour se réapproprier une personnalité perdue- selon cette vision des choses- dans les tréfonds d’une loi islamique franchement misogyne.
C’est fortement convaincue par l’exigence de justice et de la liberté de conscience que m’impose ma fidélité au message coranique, que je respecterais le choix de ces intellectuelles musulmanes pro-occidentales, mais au nom d’un idéal universaliste de justice et de liberté de conscience -qui je suppose est le leur- et que je partage aussi quelque part, je revendique le même droit au respect.
Le mien et celui des milliers de femmes musulmanes qui aspirent à une émancipation dont le cheminement est certes différent mais non moins respectable. C’est là ou il me semblerait qu’en tant que femmes islamiquement engagées nous devons être intransigeantes, autrement dit, exiger la même considération que celle décernée d’emblée à celles qui se proclament libérées de « l’aliénation religieuse » !!
De quel droit on nous refusera ce « droit de penser », ce droit de se revendiquer libérées au nom du religieux ?? Pourquoi nos idées d’émancipation islamique sont jugées irrecevables chez la majorité des occidentaux complètement aveuglés par leur « Prêt à penser » dès qu’il s’agit de l’islam ?! Pourquoi notre lutte pour une participation active des femmes dans l’espace musulman est-elle dédaigneusement ignorée dès lors qu’en termes de revendication nous utilisons nos références islamiques ?
Pourquoi la lutte des femmes musulmanes progressistes, modernes et modérées selon le vocabulaire occidental est indéniablement mise en exergue et qualifié de lutte contre l’obscurantisme islamique ? Alors que pour nous femmes musulmanes, engagées, tout autant modernes, pratiquantes, voilées et donc taxées d’intégristes selon la même terminologie de consensus occidentale, nous serons forcément des aliénées et des manipulées ?!!
De quel droit on contestera notre attitude de libération religieuse au nom de l’islam et par l’islam quand on le conçoit - le plus naturellement du monde- pour des femmes chrétiennes ou juives qui prônent « un féminisme religieux » à travers une théologie de libération féminine ?
Dernièrement lors de la journée mondiale de la femme, des féministes occidentales de renommée mondiale ont commémoré l’une des premières féministes d’Amérique du Sud, au XVII siècle, la mexicaine Sœur Jeanne Inès de la Croix, Catholique convaincue, théologienne de renom, poétesse, la plus grande critique du machisme latino-américain et fervente défenseur des droits de la femme à l’éducation et à l’accès à l’univers théologien catholique très hostile aux mouvements féminins à l’époque....
Des féministes libérées, modernes, ont clamé et glorifier la lutte de cette religieuse au nom de ses références pour l’émancipation des femmes mexicaines ... Finalement ce n’est pas le religieux en lui-même qui dérange l’univers occidental dépositaire de la libre pensée , mais c’est quand il se dit islam...Quand il parle au nom de l’islam, quand il réagit au nom de l’islam ! Triste constat...
Finalement notre posture intellectuelle, en tant que femmes pleinement engagées dans ce renouveau islamique, est le moins qu’on puisse dire, assez inconfortable !! Peu appréciées de part et d’autre, aussi bien au sein de certains courant musulmans que du coté occidental, nous n’avons aucun choix que celui de continuer à nous mobiliser pour que les femmes musulmanes retrouvent leur vraie place dans nos sociétés et nos communautés, qu’elles soient des partenaires à part égale avec l’homme musulman dans le respect profond des principes islamiques. Le statut de la femme musulmane est, dans la grande majorité des pays islamiques, un statut régit par une lecture très patriarcale et discriminatoire.
A travers l’histoire musulmane on s’aperçoit que en dehors des premières périodes de la civilisation islamique, le destin de la femme a connut un tragique retour en arrière et une rechute cruelle liés essentiellement à la décadence politique et à l’enfermement des savants musulmans qui ont déclaré que les femmes devaient être exclues de l’espace public, ignorant royalement les recommandations de notre prophète.
Le messager de l’islam n’avait-il pas fait sur son lit de mort une dernière exhortation prémonitoire : « Appréhender l’épreuve - fitna - des femmes ! » ...Bien entendu, l’interprétation machiste faites de cette recommandation était que les femmes seraient à l’origine de tous les maux de la communauté islamique...Interprétation qui va à l’encontre de l’ensemble des prescriptions du prophète (S) envers les femmes et de son message égalitaire...
Alors qu’en vérité ce hadith prévenait les musulmans des épreuves qui les attendaient dans le futur du fait de leur conduite envers les femmes ( ) (). La Fitna dont parlait notre prophète n’est-elle pas celle que l’on vit actuellement et qui fait de la condition actuelle de la « femme musulmane » le bouc émissaire de tous les préjugés contre l’islam ?
Le renouveau de l’islam et tous les débats qu’il impose est une donnée incontournable pour les musulmans d’aujourd’hui et les femmes doivent y participer activement( ). L’implication des femmes dans les projets réformateurs de l’islam et leur réappropriation du débat religieux est impérative. D’ailleurs il ne pourra se faire sans elles. InchaAllah.

Au-delà du voile...
Asma Lamrabet, presente un point de vue sur la question du voile en Freance( ). Il est difficile de rester objectif sur un sujet aussi passionnel que le voile de la femme musulmane, du fait de l’impressionnante quantité de stéréotypes et de non-dits qui se sont finalement accumulés autour de ce thème. Le débat en France -qui frise les délires d’une paranoïa collective- sur une loi d’interdiction de ce voile, en est un exemple vivant. Un grand nombre de musulmans n’arrivent pas aujourd’hui à dépasser le stade de la réactivité. On « défendra » le voile ou foulard islamique car il a fini par symboliser toute l’identité musulmane. Une identité forcément meurtrie qui s’agrippe à des signes « ostensibles » comme à une bouée de sauvetage...
Même dans les sociétés majoritairement musulmanes on peine à formuler un discours serein et dépassionné.Entre les tributaires d’une analyse forcément exclusive, du genre le voile c’est le symbole par excellence de l’oppression des femmes et ceux, défenseurs inconditionnels d’un voile, le seul à même de garantir le « bon comportement islamique » il y a tout un monde... d’incompréhension, de malentendus et de déductions très simplistes.
Le clivage est réellement consommé et chacun de son coté alimentera les préjugés et les clichés les plus absurdes ! Pour les défenseurs invétérés, il s’agit de protéger un principe religieux qui à lui seul présumerait de la spiritualité dont une femme aurait besoin. Toujours cette obsession de réduire le religieux à une devanture impeccable, parce que plus on est dans l’extériorisation des signes religieux, plus on est dans « l’islamiquement correct » !! C’est tout le contraire de ce qu’une véritable éducation islamique aurait transmis comme message de spiritualité, où la piété ne saurait être évaluée sous l’unique aune de la visibilité.
Dans l’autre extrême, « les champions de la liberté d’expression » ont décidé de voir en toute voilée les deux faces d’une même monnaie : soit celle de l’éternelle opprimée soumise à des lois patriarcales cruelles, victime d’une communauté musulmane extrémiste, ou bien pour celle qui fait dans la revendication de son voile, une irresponsable, forcément manipulée ou auto aliénée ...
C’est au choix !!! On ne fera plus dans la nuance, tout débat sera là aussi jugé inutile car l’amalgame est de mise et sortir de ce type de raisonnement est presque de l’ordre de l’impossible. On s’approprie sans verdict le droit de condamner des cœurs...Tous les cœurs...C’est la logique même de l’intolérance que nombre de ces « libéraux » combattent au nom d’une émancipation féminine soi disant universelle !!
Or, il est important de rappeler que la « prescription religieuse » du port du voile participe de la liberté de conscience, et de ce fait s’inscrit dans le domaine des droits privés de tout être humain. Autrement dit, il s’agit là de conviction profonde. Et dans ce domaine, nul n’a le droit de juger de la conformité ou non d’une conviction.
C’est bien de liberté qu’il s’agit. La liberté de choix d’une femme qui ressent la nécessité de se voiler comme un acte d’adoration, un acte intime implicite entre elle et Son Créateur et de celle qui en connaissance de cause ne « ressentira » pas cette prescription, son acte de soumission à Dieu se situera ailleurs. Entre les deux choix qui s’adjugera le droit de décider que le premier est révélateur d’une aliénation et le second d’une libération ??
Il serait inutile de passer en revue tout l’argumentaire justifié par les tenants du discours pour ou contre le voile. Je citerais cependant deux qui reviennent fréquemment et qui à mon humble avis restent très insuffisants : Il s’agit d’abord de celui de la « Pudeur » comme preuve de la finalité du voile chez les défenseurs de ce dernier et celui de l’exclusivité de l’intériorité de la foi chez les adversaires ou autrement dit, ceux qui jugent que la foi est une affaire de cœur et qu’elle se doit d’être confinée dans le domaine d’un privé sous entendu discret ou mieux invisible !!!
L’inconvenance de la première thèse est évidente, puisque cela reviendrait à dire que toute la notion de la pudeur se résume à un voile, et que le reste des femmes de la terre non voilées, musulmanes ou non feraient dans l’impudeur. Ce qui n’est ni juste ni sensé. Celle concernant la privatisation de la foi serait également déplacée, puisque confiner la religiosité à la pure intériorité, c’est refuser l’espace de témoignage de toute dimension spirituelle et ce quelque soit son origine.
Or toutes les spiritualités s’accomplissent par une manifestation d’extériorisation légitime. Dénier aux religions toute dimension d’expression publique, reviendrait à dénier à toutes les spiritualités le droit élémentaire à « la liberté du culte » !!!
Somme toute, tout ce débat sur le voile reste un débat d’une intense superficialité et ce pour deux raisons : pour les uns, c’est un formidable épouvantail politique qu’on utilise par le biais d’une médiatisation forcenée afin de mettre en veilleuse tous les autres vrais problèmes sociaux que vit un pays comme la France. Pour les autres, autrement dit certains musulmans, c’est malheureusement un débat de forme qui fait l’impasse sur le fond, car il omet de parler du plus important à savoir à quel statut d’autonomie de la femme musulmane veut-on accéder ?
Car voilée ou pas le problème n’est vraiment pas là, il est bien ailleurs dans cette incapacité des femmes musulmanes à cerner leur difficultés, à faire entendre leurs voix et à lutter contre toutes les formes de discrimination dont elles sont souvent, si ce n’est toujours les premières à en pâtir dans tous les types de sociétés , aussi bien en Occident que celles majoritairement musulmanes. Voilée ou pas le défi n’est pas de convaincre de la juste cause d’une conviction religieuse- qu’on a le droit de ne pas partager- mais bien celui de dépasser ces clivages idéologiques qui font des femmes , les « otages » malgré-elles d’une pauvreté intellectuelle qui mine toutes les potentialités.
Les défis qui attendent la femme musulmane par ces temps qui court sont énormes et pluriels. Ils ne doivent pas se limiter à des revendications obsédées par l’identitaire. Il s’agit d’abord de retrouver les termes d’une véritable émancipation digne et fidèle à des valeurs qui tout en étant islamiques sur la forme, sont véritablement universelles dans le fond.
C’est aussi donner aux femmes à toutes les femmes quelque soit leurs approche du religieux, leur engagement moral ou spirituel, le droit de participer chacune à sa manière à la construction d’un projet de société qui se fonde sur les principes d’égalité entre femmes et hommes, le respect des droits de la personne et la liberté de conscience. Le respect de tous ces principes nous impose de reconnaître à l’autre la légitimité de penser et de s’exprimer et ce quels que soient ses convictions...
Il est vrai que dans ce climat d’islamophobie intense, il est difficile de rester serein et de ne pas faire dans le passionnel , mais les femmes musulmanes qui ont choisi de « revendiquer » le port du foulard et les hommes musulmans qui se sentent stigmatisés par des lois injustes comme celle qui concerne le foulard islamique ne doivent pas répondre à ce genre de discrimination par un discours communautariste de victimisation .
C’est de liberté individuelle qu’il s’agit. De valeurs universelles ...Et au-delà de la légitimité religieuse, il y a le respect des libertés, et c’est cela qu’il faudrait revendiquer avant tout... « Ne touche pas à mon voile c’est bien ...mais ne touche pas à ma liberté ...c’est mieux.. »
Les lectures approximatives de Sarkozy
Asma Lamrabet, presente un point de vue sur la question de la lecture de M. Sarkozy, sur la question du Droit des femmes Musulmanes ( ). Je ne voulais pas réagir à chaud devant les propos accusateurs de Mr Sarkosy envers Tariq Ramadan, concernant la préface d’un livre « Musulmane tout simplement » -en l’occurrence le mien- pour la simple raison que toute analyse sereine de ce fameux débat aurait repérée dans les « sentences » dictées par Mr Sarkosy à savoir- le délit de fraternité et celui de la préface d’un livre - l’argumentaire d’une piètre manœuvre politicienne....
Je tiens cependant aujourd’hui, avec du recul, à faire une mise au point sur ce sujet puisque accusée à tort par Mr Sarkosy d’avoir exprimé dans mon ouvrage des propos incitant à la violence envers les femmes, prises de position qui seraient donc cautionnées par celui qui a préfacé ce même livre à savoir Mr Ramadan....
Il n’a jamais été question dans le livre d’accepter ou d’avaliser une quelconque violence envers les femmes....Bien au contraire, mon propos était on ne peut plus clair. Après avoir « repris » les interprétations classiques de la majorité des commentateurs du Coran, j’ai tenu à préciser que « A la lumière des versets coraniques et de la tradition prophétique il est clair que l’islam n’a jamais préconisé la violence contre les femmes » Or Mr Sarkosy, dans un exercice intellectuel malhonnête a complètement dénaturé mon propos en plaçant l’analyse hors de son contexte...Il en a ainsi tiré des conclusions réductrices totalement à l’opposé de ce que je défends scrupuleusement....
Je renvoie à ce sujet le lecteur aux pages 50-51 de « Musulmane tout simplement » pour re-situer le débat dans son véritable contexte.
Il était donc évident que le principal objectif de Mr Sarkosy était avant tout de déstabiliser son interlocuteur qui ne pouvait en aucun cas se rappeler précisément du contenu d’un texte qu’il n’a pas écrit lui-même .....
Or, tout le propos du livre qui se veut axé sur l’émancipation des femmes musulmanes et leur droit à une modernité entendue selon leurs propres convictions et leurs valeurs spirituelles a été passé sous silence... Un véritable acte de discrimination intellectuelle. On bute toujours sur le même problème de fond : le rejet inconditionnel des idéaux portés par des femmes musulmanes qui revendiquent un autre type d’émancipation que celle qui passerait obligatoirement par le dénigrement de leurs principes spirituels...On refuse de les voir, de les entendre car elles sont forcement aliénées et manipulées..
Tout dans le comportement de Mr Sarkosy va dans ce sens ; celui d’ignorer toute une revendication féminine légitime mais trop islamique et de faire dans l’amalgame intellectuel dans le seul but de contrecarrer son interlocuteur inculpé d’avoir écrit la préface d’un livre que finalement Mr Sarkosy n’a sûrement pas lu....
La femme musulmane entre usurpation des droits et stéréotypes...
Asma Lamrabet, presente un point de vue sur la question de la femme( ) Ce titre résume bien la problématique de la femme musulmane telle qu’elle est vécue aujourd’hui... Une femme musulmane, prise en otage entre deux mondes...Un monde intérieur, musulman, dans lequel on lui a usurpé beaucoup de ses droits- parfois même tous ses droits- et un monde extérieur, non musulman où elle est représentée comme étant l’archétype par excellence de la femme opprimée et où on l’a condamne sans merci à une représentation stéréotypée implacable...
Tandis qu’à l’intérieur des sociétés musulmanes on lui a confisqué ses droits au nom de l’islam durant des siècles d’histoire, à l’extérieur on continue à instrumentaliser à outrance cette image de « femme victime » pour justifier les théories les plus dramatiques, comme celles du choc des civilisations, de l’incompatibilité de l’islam avec la modernité, du monde civilisé et barbare, du bien et du mal...
Bref, selon cette vision manichéenne très à la mode qui poussera la rhétorique jusqu’à faire de la salvation de ces pauvres femmes une affaire d’Etat comme cela a été l’exemple avec les femmes afghanes ou comme c’est aujourd’hui le cas avec le projet- très américain- du Grand Moyen-Orient qui « proposerait » avec les réformes politiques radicales, une révision sérieuse du statut de la femme musulmane !!
Le tapage médiatique autour donc de ce thème de la femme musulmane victime de tous les maux est intarissable et il devient à la longue extrêmement difficile de faire la part des choses entre le vrai et le faux, entre la réalité et l’imaginaire...
Il est intéressant de voir comment dans le monde musulman on répond à ces accusations par des allégations catégoriques réfutant cet état de fait et argumentant, toujours selon un mode de réaction passionnel, que les femmes musulmanes ont tous les droits en islam et que toutes ces « tentatives de libération » de la femme, promulguées par certains courants, sont en fait des tentatives de déstabilisation et d’acculturation qui n’ont pour but que de rendre les sociétés musulmanes permissives et amorales, à l’image de ce qu’est aujourd’hui l’Occident aux yeux de nombreux musulmans...
Toujours cette manie de réagir selon le mode de la réactivité identitaire qui fausse tous les débats et qui empêche toute tentative réelle de dialogue - et de réformes surtout- et qui cela dit en passant, nous permet de fermer les yeux sur beaucoup de transgressions au nom de la « préservation de l’identité musulmane ».
A ce niveau là, il faudrait se mettre d’accord sur un point très important : parmi toutes les critiques faites inlassablement à l’islam et aux musulmans, celle concernant le statut de la femme, malgré sa médiatisation exagérée et parfois son instrumentalisation malhonnête, se trouve être la plus avérée, la plus juste et la plus sensée... Il est indiscutable que le constat d’une profonde et réelle discrimination à l’encontre des femmes musulmanes est réel, il est même parfois accablant...
Cependant, il est aussi tout important de différencier entre le fait culturel et l’essence d’une religion, entre un message spirituel et ses diverses interprétations : on accuse trop vite le Coran et l’islam en tant que religion de porter en eux les prémices de la discrimination des femmes, de l’incitation à la violence ou de l’application des châtiments corporels les plus barbares...
Or une lecture intelligente du message coranique ne révèle nulle part des manœuvres discriminatoires diaboliques... ou une supériorité despotique de l’homme au détriment de la femme telles qu’elles sont propagées de manière profuse. Bien au contraire, le texte nous dévoile d’une manière très subtile l’égalité entre les hommes et femmes dans leur humanité...Une égalité spirituelle qui émane le long des versets comme un rappel sans cesse reformulé et que malheureusement la réalité des sociétés islamiques trahit tous les jours que Dieu fait...
Le vrai problème qui se pose en fait ce n’est pas tant le Coran mais ce que l’on a fait de ce Coran à travers des siècles et des siècles de lecture et d’interprétations sexistes envers la femme. Des interprétations rigoristes et complètement fermées du religieux qui ont légitimé durant toute l’histoire musulmane, volontairement ou non, une véritable discrimination à l’encontre des femmes...
Car on doit se mettre aussi d’accord sur une chose : il est très facile de retrouver des arguments coraniques qui infériorisent la femme -comme dans tout texte religieux que ce soit la Bible ou la Torah- quand on pratique une lecture littérale, statique et qui ne prend pas en compte la dynamique historique des époques de la révélation...
Je voudrais pour étayer un peu mon propos vous citer quelques exemples de droits acquis en islam en faveur de la femme -depuis 14 siècles- et qui lui ont été usurpés du fait de la logique de l’interprétation machiste des textes :
Droits humains où l’égalité spirituelle en islam : Le Coran est formel quant à l’égalité de la femme avec l’homme concernant leur humanité. On retrouve à cet égard deux notions qui confirment cette égalité spirituelle :
 Le concept de la création de l’être humain : selon la vision coranique il n’y a pas de point de vue humain profond de concept « Homme » ou « femme », les deux selon le Coran représente une seule vérité celle de « l’âme humaine ».
La création originelle est celle d’une humanité indifférenciée qui transcende le genre. Le Coran évoque le terme d’Adam qui en hébreu veut dire « l’espèce humaine » et n’évoque à aucun moment celui d’Eve. Ce qui traduit une volonté de description de la création humaine à partir d’une origine unique. Cependant, il est étonnant de voir comment des textes religieux d’exégèse sensés expliciter la création font mention d’Eve et sa fameuse création à partir d’une côte d’Adam alors que nulle part dans le Coran il n’est question de cette notion...
Or ce genre de textes, à l’encontre de l’égalité humaine de la création comme voulue par le Coran, vont servir d’ argumentaire quant à une supposée infériorité structurelle de la femme et vont ainsi proliférer à travers l’histoire islamique sous l’influence de la tradition religieuse judéo-chrétienne d’une part et de la lecture misogyne arabo-bédouine d’autre part...
 L’absence de toute notion de péché originel : il n’existe dans le Coran aucune notion de péché originel et encore moins d’une quelconque responsabilité de la femme liée à ce péché contrairement aux traditions ultérieures. On sait combien ce concept a été instrumentalisé en défaveur de la femme et comment pendant longtemps il a été à l’origine de toute une culture de répression envers la femme à travers l’histoire de l’humanité. Le coran parle plutôt d’une responsabilité commune ou partagée des deux sexes, responsabilité pardonnée et absoute par Dieu. Il est cependant aberrant de voir comment les musulmans ont une conception erronée à ce sujet là puisqu’ils continuent de valoriser la présupposée responsabilité de la femme dans cet acte originel.
Droit au savoir et à la connaissance :
La tradition sacrée islamique est explicite quant à l’obligation du musulman et musulmane au savoir et à l’éducation. Le texte coranique est très clair et l’énonce à plusieurs reprises à travers divers versets qui incitent à la recherche de la science et à l’instruction...En effet, la quête du savoir et formulée en islam comme une quête de Dieu et de Ses signes à travers la création...
La tradition prophétique confirme cette volonté par le célèbre hadith : la recherche du savoir est une obligation pour tout musulman et musulmane...L’éducation est fondatrice de l’identité musulmane et le meilleur exemple reste sans aucun doute celui de l’épouse du prophète, Aicha, qui sera l’une des plus grandes savantes que l’islam ait connu et dont le savoir est transmis de générations en générations jusqu’à de nos jours dans les plus grandes universités islamiques du monde...
Or l’histoire musulmane confirme là aussi « l’usurpation de ce droit » puisque l’on va au nom du religieux refuser aux femmes musulmanes ce droit pendant des siècles d’histoire...La réalité aujourd’hui des sociétés musulmanes est là pour le confirmer : le taux d’analphabétisme des femmes dans les pays musulmans reste parmi les plus élevés au monde ... L’ignorance entretenue des femmes, volontairement maintenue dans les sociétés islamiques, reflète l’une des plus grandes trahisons du message de l’islam...
Droits politiques :
Il est étonnant pour celui qui lit l’histoire islamique des premiers temps de la révélation de voir à quel point la participation des femmes était évidente dans le champ sociopolitique...Le droit à l’élection d’un représentant politique a été un acte voulu et défendu par le prophète et la participation des femmes a été un tournant important dans la gestion de la première cité islamique...L’histoire révèle comment elles ont été très nombreuses à participer activement aux différents actes politiques de l’époque ce qui a été déterminant pour la naissance de la première communauté de l’islam...
Elles seront nombreuses à se sacrifier par amour à la cause de l’islam et à son exigence de justice et leurs participation sera totale : elles vont subir des tortures du fait de leurs choix religieux, elles vont s’exiler politiquement, elles vont financer par leurs propres moyens les différents projets politiques de l’islam...Le Coran cite entre autres et à plusieurs reprises l’exemple de la reine de Saba comme chef d’état politique douée de sagesse et d’intelligence...Cependant, l’exégèse masculine va « survoler » le rôle précurseur de cette femme en le réfutant le plus souvent ou en le considérant comme un simple « incident de parcours » et ce dans le meilleur des cas !!
On refusera aux femmes le droit au pouvoir politique en faisant fi de toutes les données coraniques et en se basant sur un seul Hadith formulé dans un contexte très particulier...Encore une fois, la lecture machiste va essayer d’évincer toute présence féminine de l’histoire de l’islam et l’on va assister en terre d’islam - bien évidemment toujours au nom du religieux- à une exclusion institutionnalisée de la femme de tout champ politique...La preuve de cette régression en est qu’aujourd’hui dans de nombreux pays du golfe par exemple même le droit de vote est interdit aux femmes ....
Perspectives féminines croisées...
Pour Asma M’Rabet ( )Il n’est certainement pas aisé de revendiquer une libération féminine à partir d’une tradition religieuse tant les religions toutes tendances confondues sont considérées comme étant à l’origine de la culture universelle d’asservissement des femmes. Il est encore plus difficile de le faire au nom de l’islam, religion qui détient aujourd’hui la palme d’or quant à l’oppression de la femme.
Et ce, même si à travers l’histoire de l’humanité et transcendant toutes les particularismes, les femmes demeurent asservies à l’ordre sexiste. Malgré donc une misogynie universelle qui perdure, l’islam reste le symbole du sexisme par excellence, qu’il est d’ailleurs de bon ton de dénigrer, car émanant d’un « ailleurs » à références non occidentales.
Et comme il est toujours plus facile de dénoncer l’oppression chez les autres, le sexisme occidental, à la différence de celui de l’islam, est immunisé contre toute critique et absout de toute remise en question car émanant d’un monde civilisé et nanti.
Partant de cette assertion, il est plus facile pour des femmes de tradition judéo- chrétienne d’inscrire leurs luttes dans un « mouvement féministe universel » que pour celles qui se revendiquent musulmanes pratiquantes et refusant donc de renier leur enracinement à une histoire qui est la leur.
On admettra cependant une certaine dose de libération pour celles, de culture musulmanes certes, mais qui se prêtent à un discours essentiellement anti-islamique, autrement dit, celles qui se libèrent de cette islamité entre autres, source d’obscurantisme et de soumission. Le seul modèle de libération possible et imaginable actuellement, est celui qui adhère à des normes essentiellement occidentalisées et que l’on supposerait par je ne sais quelle logique, de l’ordre de l’universel !!! ( )
Les idées, les luttes, les témoignages des femmes en terre d’islam ne s’évaluent plus à l’aune des valeurs et des principes qui devraient être universels dans le sens profond du terme, c’est-à-dire en termes d’équité et de justice, mais plutôt en fonction de la capacité de distanciation voire dans certains cas de nuisance à l’égard de l’islam ! C’est ce type de vision ethnocentrique qui a sournoisement mené à la défaite de l’universel dans sa vision humaniste. On continue à instrumentaliser à outrance l’image d’une femme musulmane victime pour justifier les théories les plus dramatiques comme celles du choc des civilisations, du monde civilisé et barbare, du bien et du mal. ( )
On pousse d’ailleurs la rhétorique jusqu’à faire de la libération de ces pauvres femmes une affaire d’Etat, comme l’illustre l’exemple des femmes afghanes ou encore le projet du grand Moyen- Orient, qui propose avec les réformes politiques radicales, une révision sérieuse du statut de la femme musulmane. Il ne s’agit pas ici de nier l’existence de graves problèmes liés au statut de la femme musulmane, en dénonçant ces ingérences culturelles très maladroites dans la forme, mais qui reste sur le fond certainement fondés. Il s’agit plutôt d’apprécier la gravité et l’impact de ces actes sur des populations musulmanes déjà fragilisées par des politiques intérieurs dévastatrices, et qui vivent ces ingérences comme une agression humiliante. ( )
D’où les innombrables réactions de rejet vis-à-vis de toute réforme venant de l’occident, encore plus quand il s’agit des réformes concernant la femme musulmane considérée comme le dernier bastion d’une identité refuge. Toutes ces tentatives de libération promulguées par certains courants occidentalisés sont vécues, à l’intérieur du monde musulman, comme des tentatives de déstabilisation et d’acculturation. ( )
Elles sont perçues comme une politique expansionniste dont l’objectif essentiel est de convertir les sociétés musulmanes en sociétés « permissives » et « amorales » à l’image de ce qu’est aujourd’hui l’Occident aux yeux de la grande majorité des musulmans. On constate donc qu’une logique de la réaction identitaire règne dans la majorité des pays islamiques, empêchant toute tentative réelle de dialogue et de réformes, qui soit diten passant, nous permet en tant que «bons musulmans» de fermer les yeux sur les multiples transgressions faites au nom de la «préservation de l’identité musulmane». ( )
Même s’ilest certain qu’aujourd’hui,les sociétés musulmanes sont d’une grande diversité sur le plan socioculturels, économiques ou politiques, et que la situation des femmes musulmanes varie en fonction de la situation géographique et des conditions de vie, il n’en demeure pas moins vrai, que dans la majorité des pays islamiques, la femme musulmane endure de nombreuses formes d’injustices et d’inégalités, et jouit d’un statut juridique des plus déplorable. ( )
Certes, le constat de la situation de la femme en terre d’islam est particulièrement accablant, mais il est important de différencier entre le fait culturel et l’essence d’une religion, entre un message spirituel et ses diverses interprétations. Une règle commune consiste à incriminer invariablement le Coran ou la tradition canonique comme source inéluctable de discriminations envers la femme. ( )
Ce n’est pas tant le Coran en lui-même qui pose problème, mais ce qu’ on en a fait à travers des siècles et des siècles de lecture et d’interprétations sexistes envers la femme. Une interprétation rigoriste et complètement fermée du religieux a légitimé durant toute l’histoire musulmane volontairement ou non, une véritable « culture de discrimination » à l’encontre des femmes. Il est en effet facile de puiser des arguments coraniques qui infériorisent la femme- comme d’ailleurs dans tout texte religieux que cela soit la Bible ou la Torah - quand on pratique une lecture littérale, statique qui ne prend jamais en compte ni la dynamique historique des époques de la révélation, ni celle de la conjoncture actuelle. ( )

Le Ministre Tunisien des Affaires Religieuses ABOUBAKR AKHZOURI s’attaque au Voile Islamique
Me Kamel ben Tahar Chaabouni s’est prononcé en faveur des propos du Ministre Tunisien( )Le port du voile est-il obligatoire pour une musulmane ? Le voile tunisien traditionnel « safsari » peut-il en tenir lieu ?
En raison de la carence du ministre tunisien des Affaires religieuses qui peine à trouver les bons arguments à présenter aux islamistes et à leur guide le Sheikh Rachid al-Gannouchi, nous allons essayer de dévoiler les dessous de cette polémique et de décortiquer le discours islamiste sur la question du port du hijab.
A la suite des déclarations du ministre tunisien des Affaires Religieuses au quotidien Assabah (27 décembre 2005) qui font écho à celles du président Ben Ali du 25 juillet 2005 qui ont révolté le mouvement islamiste tunisien Annahdha sous la plume de son Sheikh Rached al-Ghannouchi qui dans un commentaire publié sur son site web stigmatise les déclarations officielles totalement hostile au port du voile dit « islamique » par les femmes tunisiennes sur le lieu de travail, dans les établissements scolaires et universitaires et même dans les lieux publics. ( )
Répliquant au ministre tunisien aux affaires religieuses; un ministère qui dénote, à notre sens, de l’implication inadmissible du politique dans la conscience des citoyens et de l’instrumentalisation insupportable par l’État tunisien de la sphère du religieux; Rashed al-Ghannouchi, évoque pour contre-arguments, deux concepts essentiels à l’adresse du ministre et du président Ben Ali afin de s’opposer à leur vision du port du voile: une violation des libertés individuelles et une atteinte à la déclaration universelle des droits de l’homme.
Les valeurs de l’Islam dit Gannouchi représentent des fondements essentiels de la personnalité du peuple tunisien, qu’ils faudrait préserver et en permettre l’application. ( )
D’après le sheikh Gannouchi, les valeurs de l’Islam seraient des valeurs immuables, inchangées et inchangeables, fixes, ne souffrant d’aucun changement ni exception. L’un des fondements essentiels est pour notre sheikh le port d’un couvre-chef par les femmes. Rached Gannouchi se base assurément sur le verset: « Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qu'en paraît et qu'elles rabattent leurs voiles sur leurs poitrines ; et qu'elles ne montrent leurs atours qu'à leurs maris ou à leurs pères ou à leurs frères ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs maris, ou aux femmes musulmanes ou aux esclaves qu'elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. ( )
Et qu'elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l'on sache ce qu'elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Allah, Ô croyants ! Afin que vous récoltiez le succès » [Sourate 24, verset 31 ]
Mais, il fonde sa conviction certainement aussi sur les traditions prophétiques, le hadith, consigné par écrit pour la première fois deux siècles après la mort du prophète, sur la pratique des Compagnons du Prophète, il se réfère aussi aux « Califes bien guidés » et aux jurisconsultes les fameux « fuqahas ».
Dans ce contexte, la vérité historique se mêle à la fiction, la réalité au mensonge délibéré, la manipulation à l’erreur légitime, les coutumes locales et ancestrales aux prescririons religieuses, les fantasmes, à l’ijtihad. ( )
Si notre sheikh a parfaitement le droit de considérer l’Islam et ses valeurs comme la résultante de tous ces phénomènes, nous pourrons considérer de notre part, au nom de la liberté individuelle défendue par notre sheikh que seul le Coran, parole de Dieu révélée à son prophète Mohamed, texte authentique, inaltéré et incontestable recueilli et transcrit de la vie même du Prophète et réuni en un codex vingt ans après la mort de l’envoyé de Dieu constitue une valeur sûre de l’Islam que chaque musulman a le droit d’en interpréter les versets selon ses facultés intellectuelles et son degré de savoir. ( )
Le verbe divin n’est le monopole de personne fusse-t-elle une autorité religieuse, un sheikh, un imam ou un mollah. Dans la tradition sunnite, et contrairement à la tradition shiite, pour qui le Coran recèle un sens exotérique et un sens ésotérique que seuls les Imams peuvent déceler, la tradition sunnite considère que Le Coran n’a qu’un sens exotérique et qu’il ne recèle aucun sens caché au croyant, car il est destiné à l’homme, il est intelligible car Dieu souhaite que le Coran soit à la portée des ses facultés mentales. ( )
Le livre de Dieu s’adresse à son intelligence, à son entendement, il n’est pas destiné exclusivement à une élite ni aux seuls savants ou lettrés détenteurs de sciences. Tout musulman quelque soit son degré de savoir, son état social, intellectuel, financier est dépositaire du Coran qui lui appartient car il lui est destiné. Personne ne peut le priver d’en faire usage, de le lire à son aise, de l’expliquer de l’interpréter et de chercher le sens des versets et le secret des mots et de faire part de ses réflexions à ses proches ou à son entourage.
Dans ce contexte, il me semble que le seul outil indispensable au croyant pour percer le sens du Coran c’est un dictionnaire historique des concepts et des vocables utilisés par les Arabes au VIIème siècle qui lui permettra de se rapprocher le plus possible du sens originel des mots, du signifié voulu originellement par le Codex coranique.
Nous savons en effet que les mots changent de sens à travers l’histoire d’une langue, que des mots nouveaux apparaissent ou sont empruntés à d’autres langues, que d’autres mots sont abandonnés et disparaissent. C’est tout là le problème essentiel du Coran, c’est le sens des mots.
Car il est indispensable pour saisir la parole de Dieu, d’interpréter le Coran non par le sens actuel, contemporain des signifiants, c’est à dire des mots, mais par le signifiant premier, le sens donné au mot à l’époque de la révélation du Coran c’est à dire entre l’an 610 de notre ère et l’an 630 année de la mort du prophète et de la fin de la révélation. ( ) Malheureusement nous ne disposons pas, à ma connaissance, d’un dictionnaire étymologique et historique du vocabulaire arabe en usage au Hijaz pour cette période. Les arabes n’ont en effet commencé à rédiger des dictionnaires qu’à partir du second siècle de l’hégire.
En deux siècles de vie d’une langue, les mots ont le temps de changer de sens, ou de disparaître entièrement de l’usage. Les lexiques rédigés deux siècles après la mort du Prophète reflètent essentiellement l’état de la langue arabe du temps de la révélation, mais les recherches doivent continuer afin d’arriver à dresser le plus scientifiquement possible l’état du vocabulaire en usage durant la révélation. A titre d’exemple, le mot « dharrah» que la majorité des musulmans d’aujourd’hui expliquent par atome est un non sens, car c’est une opération intellectuelle tendant à sortir un mot de son contexte historique et lui appliquer un signifié moderne, à savoir le plus petit élément chimique de la matière. ( )
Il est donc urgent pour les musulmans d’éditer le Coran avec un lexique donnant le sens des vocables coraniques tels qu’ils étaient compris au VIIeme siècle afin d’éviter de leur donner un sens moderne totalement étranger à l’esprit du Livre Saint. ( )
C’est ainsi que le musulman peut se réapproprier le Coran, le livre Saint que Dieu a destiné à chaque croyant individuellement. Les interprétations « tafsir »que font les jurisconsultes et autres faqihs du Coran n’engagent que leurs auteurs et les musulmans ne sont pas tenus de se conformer à telle ou telle interprétation. Chaque musulman, à condition qu’il sache le sens historique et donc originel des mots arabes utilisés dans le Coran est capable d’interpréter le sens des versets et la portée des prescriptions divines. Le croyant n’a besoin de l’aide d’aucun mujtahid, du secours d’aucun faqih, de l’aide de personne pour comprendre le Coran. Le croyant doit se prendre en charge et arrêter de compter sur les faux et les vrais « mujtahid », les donneurs de leçons, les « Messieurs Je sais tout, vous n’êtes là que pour m’écouter » !!! ( )
Le musulman doit se débarrasser de sont esprit d’assisté intellectuel afin d’accéder à l’état de majeur intellectuel, de croyant détenteur de la parole divine et responsable de son interprétation, il doit être à la hauteur de mission que Dieu lui a dévolue.Comprendre le Coran, l’interpréter, faire des choix de sens, voilà la mission du musulman responsable, digne de la révélation qu’Allah lui adresse, car personne n’est indigne d’interpréter la parole du Seigneur, personne ne peut se substituer à personne pour lui fournir la Vérité sur un plateau en or, le croyant doit faire un effort pour accéder à la parole divine; cet effort passe tout d’abord par l’apprentissage par cœur du Coran, dans sa totalité, par la saisie des mots inintelligibles dans leur sens premier, historique et non contemporain. ( )
Libre à lui par la suite d’interpréter le sens des versets comme bon lui semble sous sa responsabilité personnelle « man ijtahada wa asaba falahu ajrani wa man lam yusib falahu ajrun wahid ». Prenons le cas du vin, la majorité des musulmans pensent que sa consommation est frappé d’une interdiction absolue. Ma lecture du verset [Sourate 24, verset 31 ] se rapportant au vin s’annonce différente, car je ne pense pas que le sens donné au verset aille dans le sens d’une interdiction absolue. ( )
Le verset dit en effet « le vin, les jeux du hasard rijsun min amali ashaytan fajtanibuh ». Dieu n’a pas dit, comme en matière de consommation de viande de porc, de cadavre, et de tout ce qui n’a pas été sacrifié au nom de Dieu » « il vous est interdit », ici dans le verset [Sourate 24, verset 31 ]l’interdiction est formelle, elle est absolue, c’est comme cela je comprends le sens du verset[Sourate 24, verset 31 ), cette interprétation n’engage que ma personne, je suis libre de la propager, libre à ceux qui en ont connaissance de la prendre à leur compte ou de la négliger. D’autres personnes comprendront que toute prescription divine est un ordre obligatoire et absolu. C’est cela la liberté et la responsabilité. ( )
Venons en maintenant au voile, le verset [Sourate 24, verset 31 ]emploie le mot « qol », dis aux croyantes, Dieu n’a pas dit « kutiba ala annisai » c’est à dire Je prescris aux femmes de porter le voile, comme il l’a fait pour prescrire le jeûne du mois de Ramadhan. Nous comprenons que s’agissant du port du voile: Dieu a simplement recommandé le port du voile, il ne l’a pas rendu obligatoire, sinon il aurait dit « kutiba ala al-mu’minati ».C’est finalement aux femmes d’interpréter le sens que Dieu a voulu donner au verbe « qol = dis », personne d’autre n’a le droit de se substituer aux femmes pour leur imposer le port du voile au nom d’une interprétation masculine rigoriste qu’il fait du verset [Sourate 24, verset 31 ] ou d’un fantasme qu’il veut se voir réaliser aux dépens des femmes, de leur liberté de porter la tenue qui leurs semble appropriée. ( )
Toutefois si certaines femmes rejoignent le sheikh Gannouchi dans l’interprétation rigoureuse qu’il se fait du verset relatif au voile, je les invite à réfléchir sur le sens du port du voile à travers le verset. Il faudrait d’abord saisir le sens historique, c’est à dire celui que les Arabes donnaient entre l’an 610 et 630 ap. J. des mots « yadhrib », « khumur » et « juyub ». Ensuite, on doit se demander le but recherché par cette obligation, si elle en est une, du port du voile, ainsi que la portée de cette prescription. ( )
La première démarche dans le long processus de la compréhension de l’intelligence du verset relatif au voile est de se poser des questions. On peut se demander ainsi, quelle partie du corps, Dieu recommande que la femme dissimule au regard d’autrui? Est-ce les cheveux, est-ce le cou ? Les oreilles sont-elles concernées par cette prescription?
Une femme doit-elle se voiler face à une autre femme? Une femme doit-elle se voiler face à des hommes qui ne la regardent même pas comme c’est le cas dans les pays développés, industrialisés, chrétiens, occidentaux? Une autre tenue qui couvre totalement le corps féminin, comme le voile traditionnel, le fameux « safsari », ou la « malya » bédouine toutes les deux tunisiennes, ou la « ‘abaya » portée par les femmes traditionnelles en Orient musulman, ou cette très belle tenue traditionnelle protée par les femmes mauritaniennes, peut-elle remplacer le foulard proprement dit, c’est à dire ce que l’on nomme aujourd’hui le « hijab »? ( )
Que recherche une musulmane en se couvrant la tête et bien sûr tout le corps, éviter aux hommes d’être tentés par ses charmes? Quid des femmes chauves, des femmes laides, ou des femmes qui n’ont rien d’attirant à dissimuler aux regards indiscrets de la gente masculins? Doivent-elles se couvrir la tête alors qu’elles ont tout intérêt à se faire belles afin d’attirer un prétendant pour les célibataires d’entre elles?
Le président Ben Ali n’a pas tort de qualifier le voile dit «islamique» consistant en un fichu ou un double foulards de «tenue confessionnelle». Si je souscrit à la thèse de Ben Ali disant le voile « islamique » est une tenue confessionnelle, c’est que, me semble-t-il, pour une femme dont l’interprétation du verset relatif au voile en vient à considérer que son port est absolument obligatoire et que si elle n’observe pas cette prescription l’enfer l’attend le jour du jugement dernier, elle a le choix entre plusieurs autres tenues que le voile proprement dit c’est à dire le hijab ou le foulard pour répondre à l’exigence divine, comme le retour au magnifique safsari tunisien quitte à en modifier un peu l’aspect pour en faciliter le port ou cette ravissante tenue traditionnelle mauritanienne haute en couleurs et couvrant tout le corps féminin de la tête au pieds; je n’apprécie toutefois pas la abaya du Golfe en raison de la tristesse qu’inspire sa couleur noire. ( )
La femme musulmane, soucieuse de satisfaire Dieu, selon sa propre lecture du Coran a donc le choix. Mais pourquoi certaines d’entre elles s’entêtent-elles à porter le foulard et uniquement le foulard, du Maroc jusqu’en Irak comme seule tunique réellement islamique???
La réponse ne relève pas du mys
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DLMM- Les libertés Fondamentales des femmes en Tunisie

Tunisieamie March 08, 2006 10:46AM

Re: DLMM- (2)Les libertés Fondamentales des femmes en Tunisie

Tunisieamie March 08, 2006 10:54AM

Re: DLMM- (3)Les libertés Fondamentales des femmes en Tunisie

Tunisieamie March 09, 2006 10:12AM

Re: DLMM- (4)Les libertés Fondamentales des femmes en Tunisie

Tunisieamie March 09, 2006 10:16AM

Re: DLMM- (5)Les libertés Fondamentales des femmes en Tunisie

Tunisieamie March 09, 2006 10:19AM