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ça s'est nouveau dans la presse tunisienne

March 10, 2006 10:55PM
Le ras le bol d’une citoyenne
Volée, agressée, arnaquée : une citoyenne crie son désespoir. Et elle se demande ce qui a fait que notre société est devenue si agressive. Depuis les voleurs à la scie et à l’arrache-clou, jusqu’aux agios bancaires.
Voici son histoire.



« J’ai envie d’écrire pour partager avec le lecteur, mes émotions et mes angoisses.
Il y a quelques jours, vers 3h30 du matin, je ne sais pas ce qui m’a réveillé. Toujours est-il qu’en ouvrant les yeux je vois un voleur à quelques centimètres de mon lit. Il me tournait le dos et braquait sa torche sur mes sacs suspendus à un porte-manteau. Sans réfléchir j’ai dit « qui est-ce ? » alors il prend le sac et sort en vitesse. Il a pénétré dans la maison (une villa à El Manar 1) après avoir scié le fer forgé de la fenêtre de ma cuisine et a ouvert de l’intérieur la porte de celle-ci pour préparer sa fuite.
En faisant une déclaration au commissariat de police tout le monde me félicitait ou presque pour avoir échappé à un coup qui aurait pu être fatal peut-être ai-je eu une chance dans mon malheur. De toute façon, je suis traumatisée, je dors mal la nuit, je me réveille en sursaut, je fais des cauchemars...
Quelques jours auparavant, je vais à la banque et j’encaisse le montant de nos dépenses mensuelles. Après, je vais dans une librairie, j’ouvre mon sac pour payer, il était posé sur une pile de cartons devant le comptoir – je parlais avec l’une des deux vendeuses, lorsqu’un bonhomme entre. La deuxième vendeuse devait le servir et subitement, elle commence à crier « mais qu’est-ce tu fais ? » je regarde dans mon sac, la liasse de billets a disparu. Nous avons couru toutes les trois en alertant les passants malheureusement, le type a disparu. Là aussi, Dieu merci, de retour au magasin, nous trouvons l’argent le voleur l’a relâché, lorsque la vendeuse l’a interpellé, j’ai passé un sale quart d’heure et j’ai tremblé de tous mes membres longuement.
La semaine d’avant, j’ai passée par l’avenue de Madrid, en voiture on circulait pare-choc contre pare-choc, mon sac était posé à côté de moi sur le siège avant et un piéton tente d’ouvrir la portière. Heureusement elle était bloquée sinon, il m’aurait pris mon sac avec un récépissé de la Trésorerie Générale, seule preuve du montant du capital décès de mes enfants (je suis veuve).
Quelle poisse ! que l’on soit à pied, en voiture ou même à la maison, que ce soit le jour ou la nuit, nous sommes la cible de voleurs et comment vivre avec un tel sentiment d’insécurité ?
J’ai raconté mes mésaventures à mes voisins, mes amis pour qu’ils prennent leurs précautions et à chaque fois on m’a rapporté des exemples encore plus alarmants que le mien.
Les commissariats de police ne désemplissent pas à cause des plaintes de toutes sortes. Je me demande pourquoi notre société est-elle devenue ainsi.
Lorsque je vais au marché, je ne prends ni sac ni portable, juste l’argent nécessaire pour faire les courses. J’ai admis depuis longtemps une perte de 5 à 10% sur tout achat de fruits ou légumes. N’en parlons pas du poisson ! l’arnaque trouve ses racines dans les poids, la qualité, le prix... Et, il ne faut surtout pas protester car le marchand peut devenir grossier et même mauvais.
Il y a une autre arnaque, elle est plus chic car elle est officielle. Ce sont les commissions bancaires. Elles dépassent tout entendement. Il y a environ 30 ou 40 ans tous les agios (même celles des comptes courants) étaient créditeurs. Les intérêts de l’épargne couvraient convenablement l’inflation. Et les banques ont toujours été bénéficiaires. Le plus flagrant que j’aie vécu est que le capital épargne se trouve diminué. Il est vrai que la somme épargnée est faible mais que veut dire Epargne ? De quel droit la banque touche à mon argent et sans me prévenir ? Je me trouve devant le fait accompli. Lorsque j’ai ouvert 2 comptes d’épargne, l’agent bancaire ma reçu les bras ouverts et ne m’a pas prévenu du risque de voir mon argent fondre comme du beurre au soleil. Pourquoi ce vol déguisé et camouflé par un décret ou une loi que l’on garde bien cachée.
Une autre opération financière a été effectuée par la CNRPS le dernier trimestre 2005.
En effet, la caisse a procédé à une retenue d’argent (la part des enfants) pendant 3 mois, sans me prévenir. Elle me les a remboursé au mois de janvier, alors je dis que la CNRPS m’a emprunté plus de sept cents dinars que je n’étais pas la seule à avoir contribué à ce emprunt. Quel est le montant des bénéfices de cet emprunt ? Personne ne le saura jamais surtout personne ne connaîtra la stratégie adoptée. Sous d’autres cieux, l’opération aurait suscité du grabuge alors que chez nous f tout est passé sous silence.
Les 300 millimes de taxe sont exaspérantes même la place au parking qui etait de 1 dinar se trouve majorée des fameux 300 millimes soit une augmentation de 30%.
Le prix des carburants croît en flèche sans que le citoyen soit prévenu. La législation du code de la route concernant le retrait du permis de conduire a été appliquée avant d’être votée. Je me suis fait attrapée par le radar là où la vitesse était limitée à 50 km/h sur la route Tunis-Hammam-Lif, là où la voie est double. A cet endroit il est impossible de rouler à la vitesse d’une charrette. Un des chefs de police ou garde nationale m’a fait signer un P.V que je n’ai pas lu, il ne m’en a pas livré une copie alors qu’il m’en devait une (je l’ai su le lendemain par la voie de presse). Il m’a dit avec l’air de me rendre service : « voilà, je ne vous retire pas votre permis, vous aurez à payer simplement une amende ». Et voilà, encore une dépense supplémentaire à laquelle je dois faire face.
J’ai lu, il n’y a pas longtemps, une lettre d’un jeune tunisien vivant à l’étranger (2ème génération), il se demandait pourquoi tous les jeunes tunisiens ne cherchent qu’à rejoindre l’Europe. Je ne réponds pas à la place des jeunes car lorsque j’étais jeune, je voulais rester en Tunisie et servir mon pays. Aujourd’hui, en tant que retraitée, j’aurai préférée avoir la nationalité suisse ou luxembourgeoise ou même française. Ici j’ai demandé une carte de retraitée on m’a dit je n’y ai pas le droit puisque ma pension est virée directement à ma banque.
Les retraités tunisiens n’avons aucun avantage l’augmentation de la pension ne couvre qu’un épsilone (∑) de la chereté de la vie, le pouvoir d’achat des retraités dégringole à vue d’œil et comme l’a dit une amie, nous sommes les futurs pauvres de la société bien que nous ayons fait partie de la catégorie A des fonctionnaires de l’Etat ».

Bradaï Oum Kalthoum
7, avenue de l’Université
Manar I – (2092)
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ça s'est nouveau dans la presse tunisienne

libero March 10, 2006 10:55PM

Source ? (fin)

Lecteur Assidu March 11, 2006 12:00AM

Re: Source ? (fin)

libero March 11, 2006 01:18PM