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TCHETCHENIE !!!

March 11, 2006 12:45PM
Tchétchénie : mettre fin au silence !
Par Alain Hertoghe,

Cet article a été rédigé par un reporter d'AgoraVox, le journal média citoyen qui vous donne la parole.


A la demande du philosophe André Glucksmann, je relaie l'appel Mettre fin au silence sur la Tchétchénie qu'il a cosigné avec plusieurs autres personnalités, parmi lesquelles Vaclav Havel, Mary Robinson ou Desmond Tutu. Ce texte a été publié pour la première fois par le quotidien tchèque Dnes, à l'occasion de la visite récente de Vladimir Poutine à Prague.

" L'observateur de bonne foi éprouve de grandes difficultés à percer le huis clos qui isole la Tchétchénie du reste du monde. Combien de morts dans la population civile en dix ans de guerre ? Au moins 100.000, au plus 300.000 selon les estimations des ONG. Soit un civil sur dix ou sur quatre. Combien de votants aux élections de Novembre 2005 ? Entre 60 à 80%, selon les autorités russes, 20%, estiment les témoins indépendants. Le black out qui règne sur cette parcelle de Caucase interdit toute évaluation chiffrée des ravages d'un conflit que chacun sait impitoyable.

La censure ne masque pas l'horreur. Sous nos yeux, une capitale (Grozny, 400.000 habitants) a été rasée pour la première fois depuis 1944 quand Hitler punit Varsovie. L'étiquette « lutte anti-terroriste » ne saurait coiffer une telle inhumanité. L'État-major russe prétend lutter contre une poignée de terroristes qu'il chiffre entre 700 et 2.000 combattants. Qu'aurions-nous dit si le gouvernement anglais avait bombardé Belfast, ou le gouvernement espagnol Bilbao, sous prétexte de réduire l'IRA ou l'ETA ? Le sac de Grozny, des villes et des villages de Tchétchénie se repaît du silence mondial. Les femmes, les enfants, tous les civils tchétchènes sont-ils moins dignes de respect que le reste de l'humanité ? Sont-ils encore considérés comme des êtres humains ?

Rien n'excuse notre planétaire silence.

1. Il en va de notre morale la plus élémentaire. Comment accepter le viol des filles enlevées par les troupes d'occupation ou leurs milices ? Pourquoi supporter le meurtre des enfants et le rapt des garçons, torturés, brisés et revendus, vivants ou morts, à leur famille ? Et les camps de « filtration » ? Et les « fagots humains » ? Et les villages décimés pour l'exemple ? Quelques ONG et journalistes courageux, russes ou occidentaux, témoignent des forfaits innombrables. Nous ne pourrons pas dire « nous ne savions pas ».

2. Il en va du principe fondamental des démocraties et des états civilisés : le droit à la vie des civils, la protection due à l'innocent, à la veuve et à l'orphelin. Les accords internationaux et la charte de l'ONU obligent. Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes n'implique pas le droit des gouvernants à disposer de leurs peuples.

3. Il en va de la lutte anti-terroriste elle-même. Qui ne s'aperçoit que l'armée russe joue les pompiers pyromanes ? Au bout de dix années de répression à grande échelle, le feu, loin de s'éteindre, s'étend, franchit les frontières, embrase le Nord Caucase et ensauvage les combattants.

4. Il en va du réalisme politique et du bon sens. Allons-nous longtemps ignorer que, brandissant l'épouvantail du « terrorisme tchétchène », le gouvernement russe supprime les libertés acquises à la chute de l'empire soviétique ? Reprise en main des mass media, lois contre les ONG, renforcement de la « verticale du pouvoir », la guerre camoufle et motive le rétablissement d'un pouvoir central sans contre-pouvoirs qui le limitent, c'est-à-dire : couvre le retour à l'autocratie.

Les guerres de Tchétchénie durent depuis 300 ans. Elles furent sauvagement coloniales sous le Tsar, quasi génocidaires sous Staline qui déporta l'entière population, dont un tiers périt dans le seul transfert au Goulag. Aujourd'hui, il s'agit, eu égard à la proportion des morts et à la cruauté des moyens, du pire conflit inaugurant le XXIème siècle.

Parce que nous rejetons les aventures coloniales et exterminatrices, parce que nous aimons la culture russe et que nous croyons la Russie capable de s'épanouir dans un avenir démocratique, parce que nous estimons que le terrorisme doit être condamné, qu'il soit le fait de groupes sans état ou d'armées avec état, nous demandons que la question tchétchène ne soit plus couverte d'un mutisme complaisant. Nous devons aider les autorités russes à sortir du piège où elles sombrent aux risques et périls des Tchétchènes, des Russes et des nôtres. Il nous paraîtrait inconcevable qu'au prochain G8, réuni en juin 2006 (en Russie), la « question tchétchène » soit évacuée d'office et ne fasse pas l'objet de discussions publiques. Au-delà de nos divergences quant à l'indépendance ou non de la Tchétchénie, nous sommes tous concernés par l'épouvante d'une guerre sans fin. "

Signé par André Glucksmann (philosophe français), Vaclav Havel (ancien président tchèque), Prince Hassan bin Talal (prince jordanien), Frederik Willem de Klerk (ancien président sud-africain), Mary Robinson (ancienne présidente irlandaise), Yohei Sasakawa (philanthrope japonais), Karel Schwarzenberg (sénateur tchèque), George Soros (financier et philanthrope amércain), Desmond Tutu (archevêque sud-africain)

http://fr.news.yahoo.com/08032006/326/tche...au-silence.html




La «folie» de la guerre omniprésente dans les ruines de Grozny

Sebastian Smith

Agence France-Presse

Grozny, Russie


Oublié du monde, au coeur des ruines de Grozny, un jeune Tchétchène sourit à sa mère à travers les barreaux d'une porte. Sa famille a dû l'enfermer. Mais la vraie prison d'Irichkane est la folie dont il souffre depuis le début de la guerre.

Ce jeune homme avait 18 ans, aimait dessiner et bricoler des appareils électroniques, lorsque les troupes russes ont assiégé pour la première fois Grozny à l'hiver 1994-1995.

Comme des centaines de milliers d'autres civils, il se terre alors avec sa famille dans des caves puis trouve refuge à la campagne. Mais perd la raison dans cette errance.







«Il a commencé à trembler», raconte sa mère Raïssa. «Au bout de trois jours, il s'est mis à ricaner. Puis cela a empiré», ajoute-t-elle.

Dix ans plus tard, Irichkane est presque incapable de communiquer et souffre de violentes crises qui, faute de structures médicales spécialisées en Tchétchénie, ont obligé ses parents à l'isoler dans une pièce fermée par une porte grillagée.

Son lit est posé sur un amas de vieux réfrigérateurs. Ses parents, Raïssa et Moussa, et son frère Chamil de 23 ans partagent une autre pièce, tout aussi petite, avec quelques sacs en plastique pour tout bagage.

Le regard triste, un sourire ironique aux lèvres, Irichkane semble tout ignorer du conflit qui a tué des dizaines de milliers de Tchétchènes et, selon les psychologues, provoqué des traumatismes chez la majorité des survivants.

Selon l'organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF), 77% des réfugiés tchétchènes souffrent de troubles psychologiques. 70% d'entre eux ont vécu des attaques armées, 89% ont perdu un proche et près d'un sur quatre a été témoin de morts violentes.

«Le stress post-traumatique est devenu normal chez les habitants de cette république déchirée par la guerre», relève MSF.

Khapta Akhmedova, psychologue à Grozny, confirme les nombreuses séquelles laissées par la guerre. Certains «vivent au jour le jour», d'autres «ont perdu toute émotion», note-t-elle.

«D'autres encore deviennent agressifs. Ils pensent que si des gens peuvent détruire leur maison et tuer leurs proches, leurs amis, ils ont le droit de faire la même chose», poursuit-elle.

Le tissu social tchétchène, fondé sur les traditions musulmanes, constitue certes un réseau d'aide, mais dans les cas les plus extrêmes de maladies mentales et pour les non-Tchétchènes, comme les quelques Russes restés dans la région, l'espoir d'obtenir un diagnostic et des soins appropriés est infime.

L'asile de Grozny compte 79 patients, pour la plupart très perturbés. Parmi eux, une femme au crâne constamment rasé depuis qu'elle a été violée pendant la guerre et Lilia Aksanova, 82 ans, qui a tout perdu sauf la vie dans les bombardements de Grozny.

La vieille femme s'enferme à clé dans sa chambre et refuse de se mêler aux autres. «Vous comprenez, ils sont tous fous», murmure-t-elle, un rien conspiratrice.

Médecins et traitements font cruellement défaut. Zaïnap Tavguireïeva, l'infatigable infirmière en charge de l'institution, résume en quelques mots ses priorités: «nourrir les malades, assurer leur hygiène et ensuite seulement essayer de leur apporter des soins.»

Même les adultes les plus solides portent toujours les traces de traumatismes liés à la mort de proches et à l'angoisse permanente de se retrouver au milieu d'une opération militaire contre les rebelles.

«Pendant des années, je n'ai dormi que d'un oeil. Je croyais entendre des chars et je me réveillais en sursaut. Cela avait cessé l'an dernier, mais maintenant cela recommence», raconte Aslan, dont les parents ont été tués par des soldats russes il y a cinq ans.

Irichkane n'a jamais été examiné comme il se doit. Sa famille, qui vit sur la maigre pension du père, n'a pas les moyens de le faire admettre dans une institution adaptée.

«Je l'ai emmené chez des guérisseurs, des mollahs, à l'hôpital», dit Moussa. «Je suis fatigué, je n'ai plus de foi qu'en Allah».

Quand il fait beau, Irichkane sort et reste assis au milieu des ruines. «Une fois, il a vu un hélicoptère voler au-dessus de sa tête. Il a pris une brique et l'a jetée vers le ciel», raconte son frère.

http://www.cyberpresse.ca/article/20060308...89/1037/CPMONDE




COMMUNIQUE DE PRESSE
Le Comité Tchétchénie s’indigne de la tentative de la police aux frontières d’expulser un jeune demandeur d’asile tchétchène alors que le juge des référés du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise avait mis l’affaire en délibéré et n’avait toujours pas rendu de décision.


Ramzan, jeune homme d’origine tchétchène, âgé de 21 ans, est arrivé à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle en provenance du Liban le 24-2-2006. Il a déclaré vouloir demander l’asile et a été mené en zone d’attente. Il a été entendu par un officier de l’OFPRA le 01-3-2006 et le ministère de l’Intérieur a pris à son encontre le 03-3-2006 une décision de refus d’accès au territoire au titre de l’asile sous prétexte que sa demande serait manifestement infondée, ainsi qu’une décision de réacheminement vers le Liban « ou vers tout pays dans lequel il serait légalement admissible ».
Notons qu’un réacheminement vers le Liban impliquerait presque automatiquement un renvoi vers la Russie.
Suite à cette décision, il a été présenté à l’embarquement chaque jour.
Représenté par Maître Vitel et avec l’assistance du Comité Tchétchénie, il a intenté un recours devant le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise.
Son référé a été examiné lors de l’audience qui s’est tenue ce jour, jeudi 9-3-2006 à partir de 10 heures. Le juge s’étant retiré pour délibérer, l’escorte a ramené Ramzan en zone d’attente à Roissy-Charles-de-Gaulle en attendant que la décision soit communiquée. Mais, quelques minutes après avoir été ramené en Zone d’attente, Ramzan a été conduit par une autre équipe de la PAF en zone d’embarquement. Là, les policiers ont prétendu et répété que c’était « fini » et ont tenté de le mener vers un avion. Il a pensé que les agents voulaient lui dire que la décision était tombée, qu’elle lui était défavorable. Malgré la détermination des policiers, il a refusé d’embarquer. En effet, son défenseur lui avait expliqué qu’il ne pouvait être réacheminé avant que la décision du Tribunal administratif ne lui soit notifiée formellement. Ayant échoué à le convaincre, au bout de plusieurs heures, l’escorte a fini par le ramener en zone d’attente.
Or, en fin de journée, aucune décision n’avait été communiquée par le Tribunal administratif.
La Police aux frontières a déclaré au défenseur du jeune Tchétchène qu’une erreur avait été commise et qu’il n’y aura pas de nouvelle tentative de réacheminement tant que la décision du juge administratif ne leur sera pas parvenue. Prenant acte de cet engagement, le Comité Tchétchénie proteste contre le mépris de la personne, du droit et de l’institution judiciaire dont témoigne cette tentative.
D’autant que le Comité Tchétchénie a déjà déploré par le passé des réacheminements forcés de demandeurs d’asile tchétchènes n’ayant pas été autorisés de mener à bien leur procédure de recours intentée contre une semblable décision de refus d’admission sur le territoire au bénéfice de l’asile. Ainsi, en octobre 2003, une dame accompagnée de deux jeunes enfants a été menée de force dans un avion pour Moscou la veille du jour de l’audience au cours de laquelle devait être examiné son recours devant le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Elle n’a pu sortir de l’aéroport de Moscou que grâce à l’intervention de proches qui ont réussi à soudoyer les policiers qui la retenaient. Le Comité Tchétchénie a ensuite perdu contact avec elle.
Il faut noter qu’une dame d’origine togolaise, défendue par le même cabinet de Maître VITEL, a été de même embarquée aujourd’hui dans un avion alors qu’une audience avait été fixée pour demain par le même tribunal administratif.
Inquiet de ce qui peut se passer demain, le Comité reste vigilant.


Paris, le 9 mars 2006.


La Commission Réfugiés du Comité Tchétchénie de Paris
Contact Pascale 06.75.47.36.41

Comité Tchétchénie, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris
www.comite-tchetchenie.org

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TCHETCHENIE !!!

orar March 11, 2006 12:45PM

??????????? Re: TCHETCHENIE !!! -

Temezigh March 11, 2006 05:00PM