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La Révolte de Ali Ben Ghedahoum : (1864).

February 20, 2004 09:10PM

-Histoire de la Tunisie : Les Temps Moderne .





- La révolte de Ali Ben Ghedahoum ( 1864).



1)- Le Vizirat (ministére) de M. Khaznadar et la crise Financiére.

2)- Les premisses de la crise financiére.

3)- La révolte de Ali Ben Ghedhahoum (1864).

4)- Ali Ben Ghedhahoum.

-5)- Conséquence : Ingérence des pays étrangéres dans les Affaires du pays.




1)- Le vizirat (Ministére) de M. Khaznadar et la crise financiere :

Mustapha Khaznadar ministre de la Régence (ouzir el a'mala) depuis l'avénement d'Ahmed Bey (1937) fut maintenu a sa charge sous M'Hamed Bey, et de nouveau confirmé a l'acénement de Mohamed Es-Sadok Bey en 1859. Il restera au gouvernement jusqu'a sa chute en 1873 quoiqu'il sera éclipsé dés 1870 lors de la nomination de Khéreddine comme ministre dirigeant.

Mamelouk originaire de l'ile greque de Chio ou il serait né dans la deuxiéme décénnie du siécle, le jeune Mustapha alias George Stravelakis arriva a Tunis sous le régne de Hussein Bey. Il fut installé a la cour du Bardo ou il recut une éducation princiére. Il était déja le compagnon de jeu de prince Ahmed qui lors de son avénement devait l'élever aux fonctions de Khaznadar et en faire son principal ministre. Ayant recu un instruction de type tunisien classique il parlait peu les langues étrangéres a l'exeption de l'italien. De tempérament calme, d'esprit din et délié, Mustapha Khaznadar s'était initié jeune aux affaires ou il avait fini par acquérir une solide expérience et un réél talent.

Mais surtout Khaznadar était plus diplomatique qu'administrateur, plus affariste qu'homme d'État, et souvent porté a confondre ses intéréts personnels avec ceux du régime qu'il servait. Toutefois et nonobstant sa réélle cupidité qui fut établie par les rapports de la commission financiére internationnales en 1873, le grand tort de Mustapha Khznadar fut d'étre apparu- a tort ou a raison- comme un adveraire de la politique francaise dans la Régence.
C'est cela sans doute qui causa sa ruine, bien plus que la terrible crise financiére ou sa responsabilité fut certe largement établie.

Le fait est que lorsque une ére de crises s'ouvrit pour la Régence, le ministre Mustapha Khaznadar ne sut ni maitriser les événements ni méme y faire face, dévoilant du méme coup une incurie qui contribua a aggraver la situation.


2)- Les premisses de la crise financiere :

A l'origine ce fut la crise financiére dont les prémisses se maniferstérent dés l'avénement de Sadok Bey. Les importantes réfoemes politiques et administratives devaient inévitablement avoir des implications financiéres qui dépassaient les ressources normales de l'Etat. Il fallait financer les nouveaux organes mis en place. L'installation de tribunaux civils, la création de nouvelles charge administratives, se traduisirent par une extension de la fonction publique et partant une charge pour le trésor.

Toutes ces dépenses, plus ou moins opportunes aboutirent a une pénurie d'argent. Mal conseillé, le souverain ne sut y faire face. Le déficit dudgétaire ne cessait de s'élargir et le besoin d'argent devenait par trop aigu.

Les responsable des finances publiques se laissérent entrainer a des solutions de facilité. A défaut de numéraire, les paiment. A défaut du numéraire, les paiments de l'Etat ne s'effectuaient plus que par «Teskéré» ou bon du trésor. Des fournisseurs, des fonctionnaires méme n'étaient plus patés que par teskérés. Les créances s'accumulaient sans autres possibiltés d'y faire face que d'en contracter de nouvelles. Un cycle infernal avait commencé que l'on n'était plus maitre d'inverser.

Le ministre Khaznadar opta alors pour la politique des emprunt. Jusqu'a la promulgation de la constitution (avril 1861), il n'avait fait appel qu'aux créanciers locaux, fournisseurs traditionnels de la cour, pour la plupart courties israélites ou négociant européens.
Mais les possibilités d'emprunts locaux étant épuisées, l'absence d'établissement de crédit dans la Régence rendit nécessaire l'élargissement du champs des créances, par l'appel aux organismes bancaires européens.

Or c'était l'époque ou l'agiotage triophant sur les places financiéres d'Europe. Des spéculateurs a la recherche d'affaires faciles, des pesudo-banquiers, des aventuriers de la finance, des courtiers verreux avaient l'art d'apparaitre dans tous les pays en mal d'argent.

Aprés Istanbul et la Caire, le marché tunisien fut l'objet de leurs convoitises. Des personnages aussis douteux que le levantin Rochaid Dahdah, le spéculateur anglais Staub, le romain Ganesco, le Juif Erlanger originaire de Francfort mais naturalisé francais, que n'appuyait aucun établissement de crédit sérieux, venaient pourtant offrir leurs service au gouvernement Tunisien (Ganiage).

Le fait important est que nombre de ces spéculateurs avides et sans crédit qui tentaient de faire facilement fortune au détriment de l'Etat Tunisien étaient officiellement recommandés par Paris et introduits au Bardo par le consul L. Roches. Ce consul permit le succés du groupe Dahdah-Erlanger et sa participation personnelle fut si active qu'on peut douter qu'elle fut désintéressée. C'est que le gouvernement tunisien refusa d'abord de se préter a cette combinaison. Mais pressé par le temps et aprés de longues et vaines démarches auprés des banques de Londres et de Paris, le ministre Mustapha Khaznadar se fit autoriser par prince, de contracter un emprunt de 30 millions de francs auprés de la banque Erlanger et Cie. (mai 1863). L'emprunt qui nécessitait un service annuel de 4.200.000 frs était amortissable en quinze ans.

Cet argent acquis a un taux d'intérét élevé et sur lequel furent prélevés quelques cinq millions en commissions et courtage, loin de servir a l'amortissement de la dette locale fut dilapidé aux trois quarts en moins d'un an. Le plus grave est que l'emprunt était garanti par l'impot de la mejba qui ne rapportait que trois millions de piastres par ans, chiffre évidemment insuffisant pour alimenter le service annel de la dette.

Force fut donc au Bey Mohamed Es-Sadok de décider en conseil le doublement de la mejba déja trés impopulaire (déc. 1863-janvier 1864). On distingue six catégories de contribuables dont la plus imposée devait payer annuellement 108 piastres.
On comprend le refus du Conseil supréme de ratifier une telle décision dont le début d'application ouvrit une crise politique dans la Régence sous la forme d'une révolte connue sous le nom de révolte de Ben. Gedahoum.


3)- La révolte de Ali Ben Ghedahoum :

Depuis le régne d'Amed Bey, un malaise certain existait chez les citadins comme chez les bédouins. On acceptait mal tout ce qui pouvait boulverser les coutumes établies. Ainsi s'expliquent les récriminations contre les réformes d'Amed puis de M'Hamed Bey.
Déja, l'impot de l'Iana ou mejba qui avait pour lui la modicité et le caractére provisoire, n'était percu que par la contrainte.

Mais ce sont les premiéres années du régne de Mohammed Essadok Bey qui furent marquées par les transformations les plus audacieuses dans la vie de la Régence. La constitution de 1861 dont le chroniqueur Ahmed Ibn Dhiaf affirme qu'elle n'a jamais été bien expliquée au peuple fut ainsi mal acceuillie.
En fait de nouveauté, on n'y a vu que l'établissement de la conscription générale, la création de tribunaux qui éloignaient la justice de justiciable, les concessions faites aux Européens (droit de propiété), et en fin de compte le doublement voire le triplement de la mejba (impot).

Cette époque coincident avec la réparation de l'acqueduc de Zaghouan et la construction des lignes télégraphiques, le peuple a confondu dans une méme réprobation, constitution et concessions c'est-a-dire tous les signes de l'emprise européennes sur le pays.
En somme, la nouvelle politique du Bardo consistait a vendre la Régence aux chrétiens et a pressurer démesurément les populations. Au début du printemps 1864, le mécontentement était général, et nulle part l'on n'était dispose a payer la Mejba. L'opposition se manifesta d'abord chez les tribus »Bachias» de l'ouest, de longue date hostiles au régime, mais elle se propagea rapidement a travers tout le territoire.


4)- Ali Ben Ghedahoum :

Un chef s'imposa en la personne d'Ali Ben Mohammed Ben Ghedahoum.
Ce chef est né 1815 dans la Cheikat des majer; son douar est apparenté aux ouled Msahel et Ouled Mhenna, quatriéme «bradaa» de la grande tribu des Majer. Fils d'un cadhi, Ali a fait des études en langue arabe, a l'époque précisément ou l'entrée de la France en Algerie créait un choc dans les milieux lettrés de Tunis.

Mais Ben Ghdahoum n'a pas trops poussé ses études et bientot il occupa dans sa tribu la charge de secrétaire du Caid. C'est au printemps de 1864 qu'il donna la mesure de son courage, car seuls ses qualités personnelles l'imposérent comme Chef de l'inscurretion.

En effet, la révolte s'est d'abord effectuée spontantanément et de facon désordonnée chez les Mthélith de l'Arad, les Zlass du Kairouannais, les Majers et les Frachichs qui campaient dans le voisinage de la frontiére Algérienne. Trés vite cependant, les premiers contacts s'établirent et l'unité se fit autour d'Ali Ben Ghedahoum. Des réunions groupérent les notables des tribus soulevées pour sceller sur les papiers et par des serments solonnels, l'alliance contre la politique de Khaznadar (avril 1864). Autour de Ben Ghedahoum, les principaux personnages étaient le Zlassi Seboui Ben Mohamed Seboui et le Riahi Fraj Ben Dahr.

Au départ, l'objectif était clair : Retour a la tradition en matére de justice et d'impots.

Mais, enhardis par leurs premiers succés, les chefs de la révolte dressérent une liste de revendications dans lequelle figuraient la disgrace de Khaznadar, la nomination de caids « arabes », l'abaissement de l'achour et la suppression d'une partie des mahsoulets. Bientot, il apparut que l'insurrection cherchait a mettre fin a la constitution. La révolte prenait ainsi l'apparence d'une contre-révolution.

Au milieu du mois d'avril, a l'exception des villes du littoral, la révolte était générale. Pourtant les Caids et autres agents du Makhzen avaient du s'enfuir. L'agha du Kef le général Farhat, qui voulait résister a la tribu des Ounifa, fut tué le 16 avril 1864. Il serait faux toutefois, de croire a une révoltes dévastatrice dirigée par une bande de pillards. Dans son ouvrage Ben Dhiaf affirme au contraire que les affrontements traditionneles entre tribus avaient cessé, ainsi que les brigandages sur les routes. De son coté le consul de France de Beauval écrivait a son ministre des Affaires Etragéres le 20 avril 1864 : « A l'exception d'actes isolés, fanatisme et pillage sont restés étrangers au mouvement».

La révolte connut a l'étranger un grand retentissement. Aussi toutes les puissances intéressées par l'évolution de la situation Tunisienne suivaient-t-elles de prés la marche des événements.
Dés la fin du mois d'avril, des vaisseaux anglais, italiens, francais et Ottomans mouillaient dans les eaux de la Goulette sous le pretexte officiel de protéger leurs nationaux. Surpris par l'ampleur du soulévement, et inquiétés par la présence inopinée d'une escadre internationale, le Bey Mohamed Es-Sadok et son ministre Mustapha Khaznadar durent faire des concession.

Le 19 Avril, un manchour Beylical proclamait la renonciation au doublement de la Mejba, ainsi qu'a l'obligation de recourir aux tribunaux. Puis allant plus loin le Bey informait le président du Conseil Supréme de sa décision de suspendre la Constitution (1ére Mai 1864). En méme temps qu'il préparait son armée, le gouvernement contactait les chefs de la révolte par l'intermédiaire du Bach-Mufti Malékite Ahmed Ben Hussein et du chef de la confrérie Rahmanya Mustapha Ben Azouz. Les négociations étaient délicates, car en dépit de la proclamation de Ali Ben Gedahoum « Bey des Arabes », les dissensions étaient nombreuses entre les insurgés; les agents du Khaznadar ranimaient l'antagonisme entre Coffs oposés. De son coté, le consul de France de Beauval appuyait ouvertement la révolte et correspondait avec Ben Gedahoum. Mais par dessus tout, la méfiance des populations a l'égard du Bardo empéchait la conclusion d'accords sincéres.

La situation s'aggrava au courant du mois de Mai, par la révolte de Sfax puis celle de Sousse et de Djerba. Seul Tunis restait étonnamment calme. Il faut seulement remarquer que le soulévement des villes du littoral était différent de celui des tribus. Sousse et Sfax une fois révoltées hissérent lr drapeau vert et proclammérent leur attachement au Sultan. Le gouvernement eut alors beau jeu de manoeuvrer, apposant Bachias et Husseinias, nomades et citadins. Le temps du reste travaillait pour lui, car l'indécision, le manque de préparation, les dissensions empéchérent Ali Ben Ghedahoum d'opérer sa marche sur Tunis au moment ou le Bardo ne disposait que de troupes réguliers. Par contre la situation ss compliqua avec les interventions diplomatiques.


5)- Ingérence des pays étrangére dans les affaires du pays.

Dés le début de la révolte, l'intervention des puissances étrangéres s'ajouta a la confusion de la politique du Bardo. La présence d'une escade internationale devant la Goulette et les rumeurs de débarquement créérent une atmosphére de panique tant du coté des autorités que celui des insurgés. Les consuls, dont les escadres étaient présentes s'enhardirent tentant chacun en ce qui le concerne, de faire prévaloir auprés du Bey les politiques de leurs pays respectifs. La géne du gouvernement tunisien quant a l'adoption d'une certaine ligne politique fut d'autant plus grande que les consuls intervenaient de facon franchement contradictoire. Ainsi la diplomatie Francaise, en ce qui la concernait, poursuivait un triple objectif :

a)- Faire échouer les réformes du fait que les institutions nouvelles étaient considérées comme autant d'entrave a une politique d'immixation dans les affaires intérieures de la Régence.

b)- Eviter une internalionalisation de la crise pour maintenir le statut quo de la Eégence; et éviter par dessus tout un rapprochement tuniso-ottoman dont la France ferait les frais.

c)- Empécher la prolongation d'une guerre civile susceptible de contaminer les provinces Algériennes et de se muer en mouvement xénophobe anti-chrétien.

Que dans la poursuite de ces objectifs, le consul de France a Tunis, de Beauval, ait manqué d'habilité ou qu'il y ait adjoint ses animosités personnelles contre le ministre Mustapha Khaznadar, n'avait en rien entaché ces dominantes de la diplomatie francaise.

Car c'est bien au nom de son gouvernement et en compagnie du vice-amiral commandant l'escadre francaise a la Goulette, que le consul de Beauval se présenta au Bey et lui fit la double mise en demeure d'aborger la constitution de 1861 et de disgracer le Khaznadar. Nonobstant l'attitude provocante du consul a laquelle le vice-amiral ajoutant par sa présence l'argument de la force, le Bey put tergiverser, gagner du temps et parvenir finalement a manoeuvrer de telle sorte qu'en composant avec les circonstances il parvient a sauvegarder sa dignité. D'une part, le Khaznadar ne fut pas disgracié, et ne le sera pas de sitot. D'autre part, la constitution ne fut pas aborgée, mais seulement « suspendu ». Et surtout les « bon office» du consul ne furent en rien mélés au réglement final de la crise. Par contre, de Beauval perdit son poste.

La résistance du Bey fut grandement facilitée par la prise de position anglo-ottomane. Il faut dire que Londres et Istanbul poursuivaient a Tunis la méme politique qui consistait a contrecarrer les visées francaises sur la Régence.
A Tunis, le consul anglais R. Wood et l'envoyé du Sultan Haidar Pacha déployérent leurs effort en vue du maintien du régime constitutionnel, du rétablissement rapide de la paix et du resserrement des liens tuniso-ottamans.

A cet égard, les conseils du consul R. Wood, et les subsides envoyés par le sultan permirent au gouvernement du Bardo de reprendre en mains la situation.

Trois mois aprés le début de la révolte, le Bey s'est ressaisi. Les subsides du Sultan, comme les conseils du consul Britanique R. Wood, lui redonnérent courage. Il donna un appui sans équivoque a son ministre Khaznadar dans son programme de pacipication.



*Fin.



.........A suivre... : La politique de repression ( Sanglantes).






-Histoire De la Tunisie : Les Temps Moderne.
Par :
E. Guellouz.
A. Masmoudi.
M. Smida.

Société Tunisienne de Diffusion.
-Tunis -1983-

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- Une Fleur : Ali Ben Ghedahoum ( 1815-1866).






tz.
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La Révolte de Ali Ben Ghedahoum : (1864).

tarzan* February 20, 2004 09:10PM

svp grouper les posts

tsar boris February 20, 2004 09:34PM

Re: svp grouper les posts

tarzan* February 20, 2004 09:55PM